2 mois, 6 mois, 22 mois

2 MOIS

Le Cariboutchou est parmi nous depuis deux mois. Je parlais dans cet article de ma peur de l’aimer moins que sa soeur… et bien je peux vous assurer qu’il n’en est rien, je suis totalement accroc à ce petit bonhomme.

Il est souriant, très éveillé, pas compliqué et il fait ses nuits depuis environ une semaine. Il grandit et grossit bien car il commence à porter du 6 mois.

Comme pour Cadeaute, j’avoue que maintenant que les interactions commencent, je m’éclate plus qu’au tout début et j’adore le voir grandir et évoluer sans aucune nostalgie du petit nouveau né.

Je reprends le travail dans 2 semaines. Je suis contente car ça va m’aider à m’aérer et moins cogiter (cf point numero 2 ci dessous). Je suis assez tranquille car Cariboutchou sera gardé par son papa pendant 3 semaines avant de commencer la crèche et du coup restera dans son cocon. J’espère juste que Puminou ne me fera pas un burn out car il manque un peu de patience avec les pleurs de tout petit bébé… Ceci dit, cela permettra aux deux de créer un peu plus de lien. Je compte tirer mon lait pour pouvoir continuer l’allaitement aussi longtemps que possible comme pour Cadeaute.

IMG_3110 (1)

6 MOIS

Depuis le décès de ma maman…

Bien sûr ça a été dur au début avec l’enterrement, les nombreux témoignages d’amitié qui font émerger les émotions. Puis je suis retournée au travail rapidement, et avec la routine, la grossesse qui avançait et son lot d’hormones, ma fille qui demandait beaucoup d’attentions, les pleurs et la grande tristesse sont passés au second plan.

Mes émotions étaient comme anesthésiées et j’avançais tranquillement. J’ai craint le déferlement à la naissance mais ça n’a pas été le cas…  Puis lors de notre voyage chez mon papa pour présenter le Cariboutchou à la famille mais finalement ça a été.Il y a bien eu quelques difficultés à la fête des mères mais c’est passé rapidement.

Non, le contre coup arrive maintenant… je ne sais pas pourquoi, il n’y a rien de particulier pour déclencher ça. Mais je me sens beaucoup plus vulnérable. Ça me tombe dessus d’un coup, une grande tristesse suivie de larmes surtout quand j’ai envie de partager les petits bonheurs quotidiens avec mes enfants et que je me rends compte que je ne peux plus le faire avec elle.

FullSizeRender

 

22 MOIS

Cadeaute, ma grande fille adorée. Si vive, elle évolue à toute vitesse et c’est un régal de la voir grandir, courir, nager, dessiner… Elle maîtrise bien le langage et nous raconte des histoires. Elle est toujours très attentive à son frère mais commence tout de même à montrer un peu de jalousie réclamant systematiquement le parent qui a le bébé dans les bras.

Elle est assez autonome et indépendante et veut toujours tout faire toute seule… s’habiller avec plus ou moins de succès , manger en en mettant partout, ranger le lave vaisselle et les habits ( oui je l’exploite…), nourrir le chat et les poissons en les gavant. J’aime cette facette de sa personnalité meme si parfois j’aimerais qu’elle vienne plus se lover contre moi pour boire son biberon.

Elle est aussi en pleine crise de deuzans : opposition, quelques grosses colères, tête de mule et tutti quanti. En vrai ça me fait bien marrer sauf quand je suis fatiguée après une longue journée seule avec les 2 petits et que Cariboutchou réclame à manger pendant que la grande se roule par terre dans la cuisine parce que le verre donné n’est pas celui qu’elle veut (genre rouge et pas bleu)….

C’est une bonne vivante qui adore manger: elle pourrait manger toute la journée si on ne la limitait pas mais aussi bien des brocolis que du coyat (chocolat).

C’est aussi une vraie petite maman avec ses poupées et ça c’est vraiment attendrissant.

FullSizeRender (2)

 

J’aimerais te souhaiter encore ta fête, maman…

Cette année, la fête des mères entraîne en moi des sentiments ambivalents. Je suis doublement maman et si fière et heureuse de l’être. J’aime mon rôle de maman meme si j’estime que je ne suis pas  » une maman avant tout », j’adore mes deux enfants!

D’un autre côté, c’est ma première fête des mères sans ma maman. Avec la chute des hormones et le matraquage publicitaire, c’est un peu dur pour moi.

Il y a quelques jours, Cadeaute jouait avec son faux téléphone et disait Ayo Papa, Ayo Maman, Ayo Mamie, Ayo Papy et Ayo Papé. Elle ne disait pas Ayo Mamé et là j’ai pris conscience que ma maman ne faisait plus partie de son petit monde bien qu’on lui parle d’elle et qu’on lui montre les photos. C’est ce qui est le plus difficile… se dire qu’aucun de mes enfants n’aura de souvenir d’elle alors qu’elle etait et aurait été une grand-mère tellement super.

Je rêve énormément d’elle en ce moment et de manière très réaliste… l’allaitement y est pour quelque chose je pense car je me souviens avoir eu beaucoup de rêves lors de mon premier allaitement. Mais ça me perturbe pas mal au réveil.

En ce jour de fête des mères, j’ai donc une pensée toute particulière à celles qui tentent de devenir mère et à ceux et celles qui n’ont plus leur mère.

Naissance du Cariboutchou

Il y a tout juste une semaine à la date précise du terme, Cariboutchou est arrivé dans notre famille. Comme sa grande soeur, il a su profiter jusqu’au bout du SPA confortable…

J’ai toutefois mieux vécu les derniers jours d’attente car je m’attendais à aller jusqu’au terme vu ma première grossesse. Il y a eu quelques épisodes de faux travail la dernière semaine qui m’ont quand même fait espérer une issue plus rapide et qui ont du coup été suivis de déception à l’arrêt des contractions.

Finalement j’ai commencé à contracter le 15/05 de façon douloureuse à 22H30. Vu l’augmentation rapide de la douleur et de la fréquence malgré un bain (rempli d’eau chauffée à la casserole par Puminou pour cause de grève parfaitement inapropriée du chauffe-eau), nous avons pris  le chemin de la maternité à 23h30. Nous laissons Cadeaute à la garde de mon papa qui est arrivé quelques jours avant.

Arrivée à la clinique à minuit je suis accueillie par ma sage-femme libérale et par Ptbichon que j’ai tirée de son lit. Je suis déjà dilatée à 5 et donc on passe en salle physiologique baptisée du nom de la sage-femme qui m’avait suivie lors de la grossesse de Cadeaute et qui nous a quitté depuis.

Après un travail rapide que j’ai géré facilement au ballon et en étirement, je sens l’envie de poussée. J’ai l’impression que la tête descend et remonte à chaque poussée et je désespère un peu. Heureusement, je suis bien entourée avec Puminou, Ptbichon et ma SF qui m’encouragent. Finalement la poche rompt en éclaboussant mes SF et mon Cariboutchou sort après 3-4 poussées supplémentaires à 2h12.

Je découvre mon petit garçon que je trouve très différent de sa grande soeur tant sur le plan du physique que du caractère. Je tombe immédiatement sous le charme de ce petit bonhomme.

C’est un pépère tout tranquille, qui tète comme un chef sans s’énerver depuis le premier jour là où sa soeur était très tonique et s’énervait sur le sein.

Il a pris sa place tout naturellement dans notre famille et c’est comme s’il avait toujours été là. Cadeaute est très maternante et peu jalouse. Elle demande juste un peu plus de câlins que d’habitude. Elle s’inquiète quand il « pieure », vient me chercher pour que je lui donne « miam miam » et essaie de lui enfoncer la tétine de force dans la bouche qu’il recrache aussi vite.

Je me suis remise très vite de cet accouchement contrairement au premier. Je suis sortie après 48h et je me sentais en forme à part quelques douleurs du bassin. L’allaitement se passe super bien et je suis beaucoup plus détendue vis à vis de la prise de poids. L’expérience doit jouer. Nous sommes sortis en ville le samedi et je me suis moi même surprise en m’entendant dire que Cariboutchou  que je portais en écharpe avait 4 jours seulement. Sur le plan du moral, je suis comblée d’avoir une si belle famille mais j’ai ce sentiment de tristesse de ne pas pouvoir partager cela avec ma maman, elle qui adorait les nouveau-nés.

Voilà pour les dernières nouvelles de la famille Margouilla qui est très heureuse et qui souhaite plein de bonheur à ses lecteurs.

mains

Congé dinde et coup de gueule (RSI)

Ça y est ! Depuis une semaine, je suis en congé de dinde… J’ai tenu plus longtemps avant de m’arrêter que pour ma première grossesse. Je me suis arrêtée à 35 SA passées.

D’une part, parce que je savais que je pouvais le faire : j’ai des grossesses plutôt faciles sans contractions, mon travail n’est pas trop physique et je peux adapter mon emploi du temps.

D’autre part, parce que je suis passée en libéral et que j’ai maintenant la « joie » d’être affiliée au RSI qui ne prend en charge que 44 jours de congé maternité payés au lance pierre avec une possibilité de prolonger de 2 fois 15j ensuite dans leur « grande bonté ». Ce qui fait au maximum 74 jours (contre 112 jours pour une femme salariée je précise).

C’est là qu’arrive mon coup de gueule : où sont les féministes sur ce sujet? Celles qui disent que les femmes sont moins bien payées, que les femmes doivent pouvoir accéder à tous les postes et que la maternité ne doit pas retentir sur la carrière.

Il y a une vraie inégalité actuellement avec ce système du RSI. Si tu t’arrêtes de travailler, tu perds tes revenus mais tu continues à payer tes charges sociales et tu touches très peu en terme d’indemnités en comparaison à une femme salariée qui reçoit des indemnités plus conséquentes (à égalité de revenus) et plus longues mais qui ne paye plus de charges sociales. Et je sais très bien de quoi je parle puisque j’ai vécu les deux situations.

Alors soyons bien clairs, je ne me plains pas pour ma situation personnelle car j’ai de l’argent de côté, je gagne bien plus que certaines femmes salariées et j’ai donc la possibilité de m’offrir le luxe de m’arrêter pendant 16 semaines comme un congé normal sans avoir de réelles difficultés. Mais c’est loin d’être le cas pour toutes les femmes chefs d’entreprise qui gagnent parfois juste de quoi se verser un SMIC ou moins et qui ont des boulots plus physiques que le mien. Et dans ces cas là, il y a une vraie injustice dans cette France qui se veut sociale et égalitaire.

Alors à l’approche des élections présidentielles, j’ai regardé attentivement les programmes des candidats et leurs propositions pour le RSI.

 

Fin  de la parenthèse politico-polémique…

 

Du coup, je profite de mon congé bien mérité et en tant que mauvaise mère, j’ai laissé Cadeaute à la crèche en diminuant néanmoins ses heures de présence. Ça me permet de me reposer sans mon tourbillon pleine de vie et avancer dans les préparatifs pour la naissance. En effet je suis sacrément en retard : nous avons cédé notre chambre à Cariboutchou et il fallait faire un dressing dans notre nouvelle chambre avant de pouvoir aménager la chambre du petit. Il faut aussi monter le nouveau lit de Cadeaute et donner le petit lit au bébé. Du coup, le tri, lavage et pliage des vêtements vient juste de débuter, la valise n’est pas commencée et la maison est dans un joyeux bazar…

Mais pas de panique ! Il me reste quelques semaines avant de pondre si je fais comme pour Cadeaute en jouant les prolongations.

Je profite aussi de ce congé pour faire des choses que je ne peux pas faire habituellement avec Cadeaute : aller à la bibliothèque, se promener tranquillement le soir avec elle, lui lire des histoires le matin sans être stressée par l’heure. Et c’est super bien!!

Voilà pour les dernières nouvelles de margou! Bises à toutes.

 

 

Hâte et Peur

Je suis en pleine préparation à l’accouchement. Même s’il s’agit d’un deuxième accouchement, j’ai repris des séances de préparation parce que ça me permet de prendre du temps pour cette grossesse et que ça fait toujours du bien de revoir les exercices de respiration et d’étirement. J’ai juste choisi d’éliminer la séance « Chant prénatal » qui ne m’avait pas trop plu. Du coup, je commence à penser à ce deuxième accouchement qui se fera dans une clinique de niveau 1 en salle physiologique toujours et sans péridurale si possible entourée par une des sage-femmes qui me suit et peut-être par PtBichon.

Ces séances de préparation à l’accouchement remuent pas mal de chose en moi. Mélange de Hâte et de Peur.

 

Hâte de revivre ce moment magique de la découverte de cette vie qui s’agite en moi.

Hâte de ressentir en moi les signes qui annoncent cette venue, de revivre ces sensations que je sais douloureuses mais qui mènent vers le bonheur de la rencontre de ce nouvel être.

Hâte de le saisir dès sa sortie et de le prendre dans mes bras, de sentir son corps chaud contre le mien, cette fusion des premiers instants.

Hâte de lire dans les yeux de Puminou la fierté et le bonheur d’être à nouveau père.

Hâte de redonner le sein et d’avoir la satisfaction de pouvoir répondre à ses besoins de sécurité, de faim.

Hâte de découvrir les premières interactions entre Cadeaute et son petit frère, de chercher des ressemblances entre eux.

Hâte de savoir quel sera le caractère de Cariboutchou… Sera t’il aussi facile que sa soeur ?

 

Mais aussi

 

Peur du déferlement d’émotions qui va suivre la naissance avec le chagrin de l’absence de ma maman.

Peur de ne pas accueillir correctement cet enfant du fait de ma tristesse. Peur de craquer et de m’effondrer alors que j’ai retrouvé actuellement un équilibre.

Peur d’avoir à gérer les réactions de l’entourage qui me parleront forcément de ma maman absente.

Peur de ne pas pouvoir répondre aux besoins de 2 enfants en bas âge et de délaisser soit la grande soit le petit.

Peur d’être rejetée par Cadeaute qui pourrait m’en vouloir…

Peur de « moins » aimer ce deuxième s’il est plus compliqué à gérer que sa sœur.

Des peurs irrationnelles et qui je pense touchent pas mal de maman en attente du deuxième mais aussi des peurs plus personnelles en lien avec cette histoire familiale récente qu’il va falloir gérer.

Au revoir Maman

Il y a 8 jours j’ai dit au revoir à ma Maman.

Tout juste 3 mois après le diagnostic terrible qui nous a tous frappés de plein fouet.

3 mois c’est très court mais ça aura été suffisant…

Suffisant pour qu’on puisse retourner te voir à plusieurs reprise : parfois moi seule, parfois avec Puminou et Cadeaute.

Suffisant pour qu’on puisse fêter Noël ensemble.

Suffisant pour quelques lectures à Cadeaute sur tes genoux, pour des câlins, des bisous et des rires d’enfant dans une chambre d’hôpital.

Suffisant pour pouvoir te dire que Cariboutchou va bien, que ce sera bien un petit garçon qui naîtra en Mai et pour te murmurer le prénom choisi à l’oreille juste avant ton départ…

Suffisant pour que tes trois enfants puissent se réunir à ton chevet et te dire tout ce que nous souhaitions te dire

 

Bien sûr, j’aurais aimé que tu sois là pour la naissance de Cariboutchou, que tu le prennes lui aussi dans tes bras avec toute ta douceur de grand-mère.

J’aurais aimé que tu vois grandir Cadeaute plus longtemps, que tu la vois apprendre à lire toi qui était institutrice de CP.

J’aurais simplement aimé partager encore de nombreux moments avec toi, que tu m’aides à préparer les anniversaires, qu’on cuisine encore ensemble, que tu décores la chambre de Cariboutchou comme nous l’avions fait pour celle de Cadeaute.

 

Mais la vie en a décidé autrement… et j’ai décidé de surtout regarder tout ce que nous avons pu faire ensemble, ces bons moments que la vie nous a donnés. Ne pas regretter le futur qui ne sera pas…

 

D’où tu es, je sais que tu veilles sur nous tes enfants, sur tes petits enfants nés ou à naître. Tu es maintenant dans nos coeurs à tous.

Nous prendrons soin de Papa et aussi les uns des autres et nous parlerons de toi à tes petits enfants. Ils sauront à quel point tu as été une Maman et une Mamé formidable.

4414-1431808189

Grossesse de Gertrude versus Grossesse PMEsque

En mettant de côté le contexte particulier de cette grossesse qui bien entendu retentit sur mon humeur et mon ressenti… Je vis cette deuxième grossesse de manière assez différente et je me pose des nouvelles questions.

Est-ce dû à la différence de « conception » ? Est-ce le lot de toute maman enceinte du numéro deux?

tumblr_static_eew5wump07k8gkgsskgk8oc8c_2048_v2

Pour cadeaute, nous l’avons espérée et attendue pendant près de 3 ans; dont 2 ans et demi de désespoir, tristesse, inquiétude à chaque cycle et 3 fausses couches qui ont nettement retenti sur notre inquiétude des premières semaines de grossesse. Elle a donc été plus que désirée et chérie comme il se doit à son arrivée. Pour le Cariboutchou (surnom de mon petit 2), nous n’avons même pas eu besoin d’attendre, même pas un stress de DPO car je n’avais pas trop réfléchi à la date d’ovulation. Une grossesse en C1 avec un taux magnifique dès le retard de règles.

Alors mon esprit malade et moi se sont demandés si je l’aimerais autant. Alors pas de malentendu hein !! Cet enfant est désiré depuis longtemps… depuis qu’on se connait avec Puminou, on souhaite et on désire 3 enfants. La question est plutôt est ce que l’intensité de l’amour est corrélée avec la durée de l’attente. Cette crainte s’est très vite dissipée quand j’ai vu son petit corps tout formé de bébé se dessiner sur l’écran de l’échographie. L’élan d’amour que j’ai ressenti immédiatement pour ce petit être qui s’agitait a effacé toute incertitude. Je l’aime et je l’aimerai aussi fort !!!

Concernant les angoisses, le fait d’avoir déjà mené une grossesse à terme me rend nettement moins stressée. Bien-sûr je sais que rien n’est joué et que toute grossesse peut se compliquer mais je fais nettement plus confiance à mon corps pour mener cette grossesse à terme. L’angoisse de la fausse couche a été largement moins importante que pour ma première grossesse. J’ai nettement moins psychoté sur mes symptômes (taille des boobs ou nausées).

En revanche je trouve que je suis moins patiente vis à vis de ces mêmes symptômes. Je tolère nettement moins les nausées et je trouve qu’elles durent plus longtemps que pour Cadeaute alors que ce n’est probablement pas le cas. Le fait de ne pas pouvoir profiter pleinement de ma cadeaute jour certainement un rôle sur ce ressenti.

Puminou aussi s’est investi beaucoup plus vite dans cette grossesse et a parlé et touché rapidement le Cariboutchou alors qu’il avait beaucoup de réserve au début de la grossesse de Cadeaute.

Concernant les annonces, le contexte a fait que nous avons annoncé cette grossesse avant les 12 SA réglementaires et l’écho de T1 probablement pour adoucir l’annonce de la maladie de ma maman. Ceci dit je n’étais pas spécialement inquiète de l’annoncer en avance. Les gens sont contents pour nous mais me semblent pour la plupart surpris que je sois déjà de nouveau enceinte. la plupart connaissaient nos difficultés d’infertile et on a eu le droit à « ça arrive souvent, le deuxième arrive tout de suite parce que vous êtes moins stressés… »  C’est possible bien entendu mais je pense surtout que le corps garde en mémoire la grossesse et a plus de facilité à relancer la machine.

En parlant d’annonce il faut que je vous raconte une anecdote :

On était chez des amis de Puminou : 2 couples qu’on connait bien et qui connaissaient nos difficultés antérieures (on a toujours été très transparents sur la question) et 1 couple qu’on n’avait pas vu depuis longtemps et donc ne savaient rien. Puminou annonce que je suis enceinte et tout fier ajoute « et ça a marché du premier coup !! » Silence gêné autour de la table puis gros éclats de rire. Et moi de ramer pour dire : « c’est sûr que dit comme ça c’est bizarre »… et de raconter la PMA pour la première grossesse et cette grossesse obtenue rapidement.

En revanche, je suis toujours aussi protectrice vis à vis de ce début de vie : je continue à surveiller mon alimentation, à flipper à chaque prise de sang de toxoplasmose. Mais je porte quand même des choses plus lourdes telles que ma fille de 10kg500… et je lui fais des bisous même quand elle est malade … ça je peux pas m’en empêcher.

Par ailleurs, j’ai choisi un suivi par des sages femmes et un accouchement en maternité de niveau 1 en plateau technique avec ma sage femme car j’ai confiance en ma capacité d’accoucher et je ne ressens plus le besoin d’être absolument en CHU de niveau 3 pour me sentir en sécurité.

Donc voilà, cette grossesse se déroule de manière plus zen mais avec autant d’amour pour ce petit garçon qui grandit en moi (et oui, c’est un petit garçon à 98% de probabilité …)

 

Juste au moment…

Juste au moment où notre vie de famille était si douce…

juste au moment où on pensait que DNLP et ses sales coups nous avaient oubliés…

Juste au moment où le spectre de l’infertilité s’éloignait avec ce petit miracle conçu à l’ancienne en C1…

Juste au moment où on se disait que belle maman avait de grandes chances de guérir de ce maudit cancer qui la frappe depuis cet été…

Juste à ce moment là….

La roue tourne une fois de plus dans le mauvais sens…

Ma maman est malade.

Malade du genre de maladie dont on ne guérit que très très rarement.

Les examens sont encore en cours mais ne laissent guère d’illusion sur le pronostic.

Sera t’elle seulement là pour la naissance de notre petit? J’en doute…

Elle qui est une grand mère formidable, qui est une maman formidable qui m’a toujours si bien soutenue… Quand je n’arrivais pas à devenir mère puis quand je le suis devenue.

Cadeaute n’aura comme souvenir d’elle que ceux que nous lui raconterons.
Nous allons maintenant profiter de chaque instant. Espérer le meilleur ou le moins pire.

Continuer de vivre tout simplement car il n’y a rien d’autre à faire.
Aimer et tansmettre l’amour reçu. L’amour d’une mère.