Education et transmission

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit ici. J’ai maintenant d’autres lieux pour exprimer mes interrogations de jeune maman. Mais là j’ai besoin de coucher sur papier (ou plutôt sur écran) certains de mes questionnements.Ce sera décousu et probablement sans grand intérêt hormis pour moi.

Non, ce blog ne va pas devenir un blog sur l’éducation,  avec des conseils sur la bienveillance, comment faire dormir ou manger bébé et tutti quanti… je n’ai jamais accroché à ces sites ou livres qui prétendent fournir un mode d’emploi sur comment élever ton enfant pour qu’il soit heureux et toi aussi. D’ailleurs, je n’ai jamais ouvert un livre sur l’éducation. (ah si… un sur les relations entre frères et sœurs…). J’ai du mal à comprendre comment un auteur, aussi professionnel ou diplomé soit il, peut prétendre connaitre la méthode qui conviendra à l’ensemble des enfants et surtout des familles.

Bref, ici on fait une éducation à l’instinct avec plus ou moins de réussite. Parfois on explique patiemment à hauteur d’enfant, parfois on punit, parfois on crie, parfois on marchande, parfois on menace, parfois on récompense. Globalement ça se passe bien, les enfants n’ont pas l’air traumatisés, les parents ne sont pas au bord du suicide et on n’ a pas trop de réflexions extérieures sur nos 2 « monstres ».

Oui mais voilà, comme tout bon parent, parfois je doute de mes méthodes. Je culpabilise parce que j’ai passé la soirée à punir et à m’énerver. Je ne sais pas quoi faire pour la régression propreté de la grande après avoir testé carotte, menace et feindre le désintérêt. Comment allier autonomie et contraintes temporelles… et plein d’autres questionnements.

Comme dit plus haut, je ne souhaite pas me tourner vers les grimoires de formules toutes faites. J’aimerais un conseil personnalisé, adapté à ma vie, à mon histoire. J’aimerais en parler à ma maman. Lui demander des conseils, lui demander comment elle aurait géré cette situation, si elle se rappelle de certaines difficultés dans notre éducation.

J’ai le sentiment que l’éducation que mes parents m’ont donnée était bonne. J’ai su m’insérer dans la société, j’ai un souvenir d’enfance heureuse et je suis une adulte plutôt bien dans ma peau avec un certain nombre de valeurs que j’aimerais transmettre.

Je me rappelle avoir été punie, probablement avoir eu des fessées, bien que je ne sois pas sûre de ça. Je me rappelle surtout avoir entendu des mots d’amour et ressenti des preuves d’amour de mes parents. Je me rappelle des règles de conduite apprises parfois sous la contrainte.

Mon souvenir est probablement déformé par les années mais j’aimerais en reparler maintenant que je vis ça de l’autre coté de la barrière. J’ai essayé d’en parler à mon papa qui était bien investi dans notre éducation dans mon souvenir mais il ne se souvient pas (ne veut pas se souvenir?).

En parler avec mes beaux parents ? Difficile parce que je pense que leur éducation était différente; probablement un peu plus stricte et surtout dans un autre environnement.

Je crois qu’on a oublié que l’éducation des enfants ne repose pas que sur les parents, que les grands parents ont un rôle de transmission. Que tout n’est pas à jeter dans les méthodes éducatives d’avant (quoiqu’en dise le pédopsychiatre à la mode), que notre propre histoire et la façon dont on a vécu notre enfance va retentir sur notre façon d’éduquer. Il s’agit d’une chaine sur plusieurs générations et chez mois un maillon me manque.

J’aurais dû évoquer le sujet avant avec elle mais comment parler de ces sujets quand tu sors à peine de la PMA et que tu en es juste à l’éducation des premiers mois tellement facile avant l’apparition des crises des 2 ans puis 3 ans. Peut être qu’elle m’aurait aussi dit qu’elle ne se souvient pas. Peut être que si j’en avais vraiment encore l’occasion, je n’oserais pas poser ces questions de peur des réponses.

C’est fou comme le manque se fait ressentir maintenant. J’aurais juste besoin que ma maman vienne me rassurer et me dire que je me débrouille bien, qu’elle m’encourage et me tienne encore la main comme avant…

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4 ans et un bilan

J’ai ouvert ce blog il y a quatre ans comme me l’a gentiment rappelé wordpress.

Quand je l’ai ouvert, j’étais en pleine incertitude entre fausses couches précoces, et attente d’une hypothétique prise en charge en PMA. Je me souviens tellement de cette période qui reste ancrée en moi et encrée ici. J’aurais tout donné à l’époque pour connaître l’avenir. C’était ça le plus dur, ne pas savoir si l’histoire se terminerait bien. Finalement quand je relis mes articles, tout est allé relativement vite entre l’ouverture de mon blog et ma première grossesse. Et pourtant de nombreux articles illustrent mon état d’esprit plein de désespoir à l’époque. Heureusement que je vous avais à l’époque, les copines de la blogosphère, pour m’aider à traverser cette période difficile. J’espère que le même soutien persiste aujourd’hui et que toi lecteur/rice qui tombe sur ce blog, tu trouveras ce soutien sur internet ou ailleurs.

 

Je suis heureuse aujourd’hui de voir que la grande majorité d’entre nous a réussi à fonder sa famille. Il reste quelques copines toujours en attente que je n’oublie pas et dont je guette la bonne nouvelle. D’autres sont passées à autre chose volontairement ou non et je leur souhaite plein d’autres bonheurs.

Toujours est-il qu’aujourd’hui comblée avec mes 2 enfants, je m’éloigne de la blogosphère PMA. Je continue les amitiés virtuelles (qui sont devenues très réelles d’ailleurs) avec quelques-unes qui se reconnaitront ici. Cela permet d’échanger sur des thématiques d’éducation, mais aussi de plein d’autres sujets (plus ou moins sérieux), de se soutenir lors des craquage et partager des moments de bonheur et bien sûr de s’extasier sur nos enfants géniaux sans les étaler à la face du monde.

J’ai beaucoup de mal avec les blogs parentaux qui trop souvent laissent sous entendre que tout va toujours bien, que leur enfant est une merveille grâce à telle recette miracle et que dans sa grande bonté la blogueuse dévoile devant ses lecteurs ignorants qui ont les enfants qu’ils méritent. Je lis quand même quelques blogs beaucoup plus proches de ma vie…

où maman travaille et voit quand même grandir ses enfants,

où maman essaie d’être bienveillante mais parfois punit, où maman adore ses enfants mais les trouve parfois relou,

où maman aime partir en weekend avec ses enfants mais parfois seule avec son mari ou ses copines,

où maman aime cuisiner pour ses enfants en bio de préférence mais régulièrement ouvre un petit pot industriel ou donne un cornichon, du pain et du fromage et une crème au chocolat à la grande qui a décidé qu’elle mangerait ça.

 

L’infertilité et la PMA m’ont appris la patience et que tout ne pouvait pas toujours être maîtrisé, qu’il fallait savoir faire des concessions, que le programme pouvait être modifié à tout moment. Un bon entrainement à l’art d’être parent finalement…

Nouvelles de Nouvelle Année

Me revoilà avec cette nouvelle année !

Je sais que je suis pas bien en avance pour vous faire mes voeux de bonne année mais la grippe qui a heureusement épargné notre famille (touchons du bois ) mais pas épargné mes malades m’ a légèrement occupé depuis 2 semaines et je n’ai pas trop trouvé le temps de venir écrire.

Je vous souhaite tout d’abord une année 2018 pleine de douceurs, de rayons de soleils, le moins de nuages et d’orages possibles et beaucoup  de bonheur(s).

Alors quelles sont les nouvelles margouillaises ?

Nous avons passé des fêtes sur les routes pour aller voir la famille et les amis à droite à gauche.

Entre les gastro et les rhumes, nous avons quand même bien profité de ces 10 jours de repos attendus depuis ma reprise en Aout.

Cadeaute a aimé préparer Noël, ouvrir ses cadeaux et ceux de son frère (« il me prête, il a dit d’accord… » affirme t’elle avec aplomb !) mais n’était pas surexcitée ni complètement fascinée par la magie de Noël. Elle est assez réfléchie et s’inquiétait beaucoup que le Père Noël ne casse pas sa maison et la cheminée… (Merci Popi avec ses imagiers de Père Noël qui casse la cheminée en mettant de la suie partout) Bon finalement le père Noel n’a rien cassé et il a été bien sympa d’amener les joujoux mais pas la poule réclamée depuis plusieurs semaines.

Cadeaute est en plein terrible two : tête de mule, provocation et recherche des limites..; c’est un grand plaisir. Nous pratiquons donc de manière quotidienne l’education bienveillante, suivi de l’ultimatum bienveillant puis de la punition bienveillante dans sa chambre. Nous devenons experts dans l’esquive de jeux en bois, ou de tape et dans le ramassage de cochon hurlant par terre(© La reine de La PMA). Sinon elle est plutôt agréable et nous fait bien rire avec ses raisonnements et ses questions pleines de pourquoi.

Cariboutchou nous a fait un festival de nuits pourries pendant les vacances. Étant en déplacements et hébergés à droite à gauche et souvent à quatre dans une même chambre, nous avons fait l’erreur de lui donner des biberons ou le sein au moindre réveil pour éviter de réveiller toute la maisonnée. Du coup il est allé jusqu’à nous reveiller 3 fois par nuit et ne mangeait plus trop la journée. Au retour de nos vacances nous avons donc appliqué la méthode commando recommandée et approuvée par le club privé des Milks : diminuer progressivement la quantité de lait dans les biberons nocturne, laisser pleurer un peu plus.

Bilan après 10j : seulement un reveil nocturne avec rendormissement seul ou parfois necessité de remettre la tetine, des repas du jour bien améliorés.

Alors ça a été un peu dur les 2 premières nuits et il a fallu se faire violence en l’entendant s’époumoner pendant 3/4h (en allant quand même le rassurer toutes les 10 minutes je vous rassure) mais ça vaut le coup.

Sur le plan personnel, dès la semaine prochaine je mets en place ma demi journée off par semaine avec comme programme : aquabike entre midi et 2 (ce que je fais déjà mais sans avoir à courir pour revenir au boulot après), shopping en mode mère indigne ou rdv administratifs puis récupérer les loulous à la crèche vers 16 pour passer une fin d’après midi ensemble. J’ai hâte !

Nos projets pour 2018 : le baptême du Cariboutchou fin avril, et un voyage aux Seychelles en famille en Aout ! Recommencer à lire et avoir des nuits complètes !

Je vous embrasse et à très bientôt

 

Fais dodo… s’il te plait, Fais dodo… Bordal !

Ça fait un moment que ce blog ne parle plus trop de PMA donc je me permets de parler de mes problèmes de maman en manque de sommeil… J’ai besoin de me plaindre et pis c’est tout!

Pour dresser le contexte, il faut vous avouer que Cadeaute est un génie du sommeil (du genre qui énerve les autres jeunes parents). Elle a fait des nuits de 6 heures au retour de la maternité et n’a jamais eu de retour en arrière. Bien sûr, elle se levait un peu tôt vers 6h puis petit à petit, elle s’est levée entre 6h30 et 7h.  Il y a eu des étapes un peu compliquées d’angoisses de séparation avec des couchers un peu plus long mais qui duraient maxi une semaine. Des réveils nocturnes en cas de maladie et quand elle perdait sa sucette mais sans aucun problème pour se rendormir ensuite. Le bébé idéal pour les parents gros dormeurs comme nous.

Pour Cariboutchou, on espérait très fort le même modèle. Et on y a cru. C’est un pépère tranquille la journée qui pleure peu. Rapidement, il n’a fait qu’un seul réveil par nuit et à 2 mois il faisait ses nuits complètes comme sa soeur…Donc un peu moins génial mais bon c’est un garçon… ;-p.  Nous étions donc très contents et sereins pour l’avenir.

Il y a 1 mois, pour ses 4 mois, il a eu un gros rhume avec toux et nez bouché et comme tout mec qui se respecte : « il était au plus mal ». Beaucoup de réveils, grognon. Ça a duré une bonne semaine puis ça s’est calmé avec à nouveau un seul réveil pour une tétée vers 4h30… c’était moins bien mais ça restait tolérable et je me disais que ça allait passer aussi. Mais non !!! C’est de pire en pire, maintenant on a systématiquement un réveil à 2 ou 3h puis un réveil vers 4-5h. Il n’a pas forcément faim car si je propose le sein souvent il tétouille et se rendort vite. Par contre il a systématiquement besoin d’un câlin (plutôt de maman dans l’idéal) et surtout il a beaucoup de mal à retrouver un sommeil profond quand on le repose dans son lit et se remet à pleurer 10-15 min après. Il réveille fréquemment sa sœur ce qui nous complique légèrement la tâche même si elle reste cool et se rendort souvent avec un verre de lait si c’est avant 5h30… sinon la nuit est finie pour tout le monde…

J’ai essayé de dormir avec lui dans la chambre d’amis en cododo, ça a marché la première fois mais cette nuit dès que je m’éloignais un peu dans le lit pour pouvoir dormir plus tranquillement, il se réveillait. Le paradoxe est qu’il s’endort seul facilement le soir et en journée.

Alors j’avais pas mal de patience jusqu’à maintenant, (plus que son père qui s’est déjà énervé pas mal…) mais cette nuit c’était juste plus possible et j’ai craqué en éclatant en sanglot et en lui parlant un peu sèchement à mon pauvre loulou qui me regardait avec ses grands yeux souriants. Je suis crevée, j’ai besoin de dormir. Je bosse et je cours toute la journée..; je ne peux pas sacrifier mon sommeil.

J’en viens à me demander si mes longues absences en journée y sont pour quelque chose. Est ce qu’ il ressent le manque de sa maman en journée ?

J’ai peur de manquer de patience et de m’énerver sur lui qui est bien trop petit pour comprendre ou sur sa soeur qui n’a rien fait … Ce matin elle avait l’air tellement désemparée de me voir pleurer de fatigue ma Cadeaute que je m’en suis voulue d’avoir craqué devant elle.

Je sais que parmi mes lectrices, il y en a qui ont vécu bien pire sur le plan du sommeil de leurs bambins et qui doivent se dire que je me plains pour pas grand chose, après juste un mois de galère… Mais pour moi c’est vraiment très dur et je ne pourrai pas tenir encore longtemps à ce rythme.

Je vais tenter le coucher sur le côté, l’emmaillotage, le changement de chambre loin de sa soeur pour être moins stressé des réveils… on verra si l’une de ces techniques marche.

Sinon je l’aime toujours quand même mon rebelle du dodo mais j’aimerais qu’il soit aussi charmant la nuit que le jour.

 

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Même le chat en a marre d’être réveillé la nuit…

 

Maman travaille

Eh oui, chez nous maman travaille (papa aussi d’ailleurs…) et elle travaille même beaucoup : pas du tout 35 heures, plutôt 45-50 heures. Et en ajoutant les temps de transport, les enfants sont gardés 55 heures par semaine. Ils passent 9 heures en crèche et ensuite une nounou va les récupérer et les garde à la maison jusqu’à ce que l’un de nous 2 rentre du travail (en général vers 19h) et cela 5 jours sur 7.

C’est vrai que ça fait des longues journées pour mes 2 loulous mais ils semblent bien le vivre quand même.

Il faut quand même tenir le rythme : lever 6h30, en général les enfants dorment encore et on en profite pour déjeuner tranquille, ensuite tétée pour Cariboutchou pendant que Cadeaute boit son biberon et mange sa tartine, puis habillage des enfants : chacun le sien, puis habillage des parents tout en discutant et jouant à cache cache avec la grande. Puis tout le monde en voiture avec maman pour aller à la crèche.

Le soir, à peine arrivés, ma gourmande morfale réclame Miam Miam : apparemment, le retour des parents équivaut à la clochette de Pavlov pour elle, quelque soit l’heure. Avec un peu de chance, Cariboutchou réclame aussi à manger. Donc heureusement que la grande est relativement autonome pour manger, ce qui me laisse du temps pour une tétée… Puis bain un jour sur deux puis lecture ou jeu puis pyjama : chacun son enfant… Ensuite on couche la grande vers 20h30, dernière tétée pour le petit vers 21h puis on le couche. Enfin on peut se poser pour manger et ensuite regarder la télé.

Bref c’est un sacré emploi du temps et c’est un peu épuisant le soir quand après le stress de la journée de travail il faut gérer les chouinages, pleurs. Et beaucoup plus agréable mais tout aussi épuisant , ses bavardages de pipelette associés à des sauts partout et des courses cache-cache.

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Je sais que beaucoup trouveront ce mode de fonctionnement inenvisageable voir irresponsable avec des enfants aussi petits. D’autres diront que si c’est pour ne pas en profiter autant ne pas faire d’enfant…

D’ailleurs, quand on a annoncé l’arrivée du deuxième, beaucoup m’ont demandé si j’allais m’arrêter de travailler ou me mettre à mi-temps ou 80%.

M’arrêter c’est hors de question : j’ai besoin de faire autre chose, c’est indispensable pour mon équilibre personnel. Je ne pourrais jamais être mère au foyer… j’admire celles qui le font car rester H24 avec ses enfants c’est vraiment dur je trouve.

Diminuer mon temps de travail… c’est actuellement difficile en étant en libéral depuis peu, ayant des malades qu’il faut surveiller tous les jours (pas seulement des consultations) et avec une collègue en congé maternité dans 15j mais j’essaie de travailler un peu moins tard. On en a reparlé avec ma collègue et je pense qu’à son retour, on se laissera chacune 1/2 journée de repos par semaine pour privilégier un peu de temps en famille.

 

Dans l’état actuel des choses, il faut juste réussir à gérer les sentiments contradictoires :

aimer son travail et aimer ses enfants…

être heureuse d’avoir du temps pour soi , pour son épanouissement personnel et professionnel et culpabiliser d’avoir moins de temps pour ses enfants…

trouver fatigants ses enfants le soir et regretter d’avoir passé une soirée difficile quand ils sont couchés tout en appréciant d’avoir enfin la paix sur son canapé (pour twitter son désespoir et les progrès de ses génies à ses copines)…

apprécier les moments de câlins et de jeux, vouloir en avoir plus et devoir y mettre fin pour faire des taches ménagères ou s’occuper de numéro 2…

attendre le week-end pour avoir plus de temps et n’avoir rien le temps de faire…

adorer ma nounou mais l’envier un peu quand elle raconte les bons moments qu’elle vient de partager avec mes enfants…

se dire qu’on ne tiendra jamais le rythme puis finalement se convaincre qu’on y arrivera, que les enfants vont grandir et que ce sera plus simple …

pleurer de fatigue parce que c’est dur et pleurer de joie parce que c’est beau la vie à 4…

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Mère et Fille

Quelle relation singulière que celle d’une mère avec sa fille… J’en connais beaucoup qui disent ne pas s’entendre avec leur mère… Des mères déçues par leur fille… Des femmes qui préfèrent avoir des fils par peur de rejouer la relation avec leur mère… Certaines filles qui disent que leur mère est leur meilleure amie…

Ma relation avec ma mère était bonne sans conflit mais sans fusion non plus.

Elle donnait beaucoup d’amour à ses trois enfants et je n’ai pas eu l’impression qu’elle préférait le garçon ou les filles. Je partageais avec elle certains traits de caractères (aimer prendre des initiatives, organiser les choses, l’optimisme…) mais je suis moins patiente qu’elle n’était et j’exprime moins mes sentiments. Je savais que je pouvais venir lui parler de tout et que j’aurais toujours une oreille attentive et des gros câlins… parfois de bons conseils (je ne la remercierai jamais assez de m’avoir suggéré de m’inscrire sur le site internet où j’ai rencontré Puminou).

Bien sûr je lui ai reproché des choses : avoir autorisé à ma soeur des choses qui m’étaient interdites au même age… j’aurais aimé qu’elle m’accompagne vers plus de féminité à l’adolescence… sa façon de défier mes avis médicaux quand elle était malade et que je m’inquiétais pour elle…

Mes regrets aujourd’hui sont de n’avoir pas plus parlé de la relation mère – enfant avec elle. Comment elle avait vécu le fait de devenir mère, est ce qu’elle avait trouvé ça différent d’élever un garçon et des filles ? Est ce qu’elle se retrouvait dans ma façon d’être mère ? Bien-sûr nous avions parlé puériculture mais pas trop d’éducation car Cadeaute etait encore bien petite quand la maladie a frappé.

J’aimerais tant lui poser ces questions que je ne me posais pas avant son départ et qui tournent dans ma tête depuis.

Quelle relation vais je construire avec ma fille ? J’ai envie de lui transmettre mon indépendance et ma volonté. Lui dire que tout est possible, qu’elle fera ce qu’elle voudra et que je l’aimerai toujours quoiqu’elle fasse. Lui apprendre à être féminine mais pas séductrice, à aimer et à se laisser aimer, à croire en l’avenir même s’il paraît sombre. A aimer son corps et à le respecter. Je souhaite de tout mon coeur l’accompagner un jour dans sa propre maternité si cela est son désir.

Et avec mon fils ? ce sera différent car il n’a pas le même caractère que sa soeur, je le sens déjà.. pour autant ce ne sera certainement pas mieux ou moins bien. J’ai envie de lui transmettre le respect des femmes, le refus de la violence. J’aimerais qu’il ressemble à son père parce que j’aime sa façon d’être mais aussi qu’il se sente libre de s’écarter du modèle.

En fait j’aimerais être une aussi bonne maman que l’a été ma maman tout en faisant certaines choses différemment. J’aimerais avoir une fille et un fils qui me disent un jour que j’ai été une bonne maman même si tout n’a pas été parfait.

J’ai aimé être sa fille, j’aime être leur maman…

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2 mois, 6 mois, 22 mois

2 MOIS

Le Cariboutchou est parmi nous depuis deux mois. Je parlais dans cet article de ma peur de l’aimer moins que sa soeur… et bien je peux vous assurer qu’il n’en est rien, je suis totalement accroc à ce petit bonhomme.

Il est souriant, très éveillé, pas compliqué et il fait ses nuits depuis environ une semaine. Il grandit et grossit bien car il commence à porter du 6 mois.

Comme pour Cadeaute, j’avoue que maintenant que les interactions commencent, je m’éclate plus qu’au tout début et j’adore le voir grandir et évoluer sans aucune nostalgie du petit nouveau né.

Je reprends le travail dans 2 semaines. Je suis contente car ça va m’aider à m’aérer et moins cogiter (cf point numero 2 ci dessous). Je suis assez tranquille car Cariboutchou sera gardé par son papa pendant 3 semaines avant de commencer la crèche et du coup restera dans son cocon. J’espère juste que Puminou ne me fera pas un burn out car il manque un peu de patience avec les pleurs de tout petit bébé… Ceci dit, cela permettra aux deux de créer un peu plus de lien. Je compte tirer mon lait pour pouvoir continuer l’allaitement aussi longtemps que possible comme pour Cadeaute.

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6 MOIS

Depuis le décès de ma maman…

Bien sûr ça a été dur au début avec l’enterrement, les nombreux témoignages d’amitié qui font émerger les émotions. Puis je suis retournée au travail rapidement, et avec la routine, la grossesse qui avançait et son lot d’hormones, ma fille qui demandait beaucoup d’attentions, les pleurs et la grande tristesse sont passés au second plan.

Mes émotions étaient comme anesthésiées et j’avançais tranquillement. J’ai craint le déferlement à la naissance mais ça n’a pas été le cas…  Puis lors de notre voyage chez mon papa pour présenter le Cariboutchou à la famille mais finalement ça a été.Il y a bien eu quelques difficultés à la fête des mères mais c’est passé rapidement.

Non, le contre coup arrive maintenant… je ne sais pas pourquoi, il n’y a rien de particulier pour déclencher ça. Mais je me sens beaucoup plus vulnérable. Ça me tombe dessus d’un coup, une grande tristesse suivie de larmes surtout quand j’ai envie de partager les petits bonheurs quotidiens avec mes enfants et que je me rends compte que je ne peux plus le faire avec elle.

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22 MOIS

Cadeaute, ma grande fille adorée. Si vive, elle évolue à toute vitesse et c’est un régal de la voir grandir, courir, nager, dessiner… Elle maîtrise bien le langage et nous raconte des histoires. Elle est toujours très attentive à son frère mais commence tout de même à montrer un peu de jalousie réclamant systematiquement le parent qui a le bébé dans les bras.

Elle est assez autonome et indépendante et veut toujours tout faire toute seule… s’habiller avec plus ou moins de succès , manger en en mettant partout, ranger le lave vaisselle et les habits ( oui je l’exploite…), nourrir le chat et les poissons en les gavant. J’aime cette facette de sa personnalité meme si parfois j’aimerais qu’elle vienne plus se lover contre moi pour boire son biberon.

Elle est aussi en pleine crise de deuzans : opposition, quelques grosses colères, tête de mule et tutti quanti. En vrai ça me fait bien marrer sauf quand je suis fatiguée après une longue journée seule avec les 2 petits et que Cariboutchou réclame à manger pendant que la grande se roule par terre dans la cuisine parce que le verre donné n’est pas celui qu’elle veut (genre rouge et pas bleu)….

C’est une bonne vivante qui adore manger: elle pourrait manger toute la journée si on ne la limitait pas mais aussi bien des brocolis que du coyat (chocolat).

C’est aussi une vraie petite maman avec ses poupées et ça c’est vraiment attendrissant.

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J’aimerais te souhaiter encore ta fête, maman…

Cette année, la fête des mères entraîne en moi des sentiments ambivalents. Je suis doublement maman et si fière et heureuse de l’être. J’aime mon rôle de maman meme si j’estime que je ne suis pas  » une maman avant tout », j’adore mes deux enfants!

D’un autre côté, c’est ma première fête des mères sans ma maman. Avec la chute des hormones et le matraquage publicitaire, c’est un peu dur pour moi.

Il y a quelques jours, Cadeaute jouait avec son faux téléphone et disait Ayo Papa, Ayo Maman, Ayo Mamie, Ayo Papy et Ayo Papé. Elle ne disait pas Ayo Mamé et là j’ai pris conscience que ma maman ne faisait plus partie de son petit monde bien qu’on lui parle d’elle et qu’on lui montre les photos. C’est ce qui est le plus difficile… se dire qu’aucun de mes enfants n’aura de souvenir d’elle alors qu’elle etait et aurait été une grand-mère tellement super.

Je rêve énormément d’elle en ce moment et de manière très réaliste… l’allaitement y est pour quelque chose je pense car je me souviens avoir eu beaucoup de rêves lors de mon premier allaitement. Mais ça me perturbe pas mal au réveil.

En ce jour de fête des mères, j’ai donc une pensée toute particulière à celles qui tentent de devenir mère et à ceux et celles qui n’ont plus leur mère.