En quoi IAC 2 sera différente d’IAC 1 .

Aujourd’hui c’est J1 et donc top départ pour IAC 2.

Il y aura quelques changements par rapport à IAC 1 et contrairement à Sheldon, j’ai décidé que ces changements sont positifs.

tumblr_m7k6ab5grD1r9ljhqo1_500

1/ J’ai un nouveau frigo tout neuf, tout beau, tout froid qui affiche les températures. Offrons ce qu’il y a de meilleur à nos traitements.

2/ J’ai reçu l’accord de la Sécu pour mon 100% jusqu’en 2019 (ça fait flipper cette date…)

3/ Depuis 3 semaines, Puminou et moi prenons des compléments alimentaires pro fertilité que ma petite soeur sage-femme nous a fourni (merci les échantillons de labo). C’est la première fois que nous essayons les compléments.

4/ Je vais reprendre RDV avec mon ostéopathe qui fait aussi acupuncteur pour ce cycle d’IAC

5/ Je suis plus zen vis à vis du traitement : je connais le fonctionnement, je connais les réactions de mon corps.

6/ La famille n’aura pas les dates du jour d’insémination comme la première fois. Ceci dit, c’était de notre faute, on avait donné toutes les dates et détails de comment se passait le traitement. (d’une part pour les rassurer que tout se passait bien et aussi parce qu’on avait besoin de parler) Le problème c’est qu’on doit ensuite dire que c’est râpé au moment où on est au fond du trou à tous ceux qui savent. Du coup, cette fois c’est motus et bouche cousue sur les dates pour plus de tranquillité.

7/ Les DPO tomberont au moment des fêtes de fin d’année, ce qui permettra de moins y penser.

Et surtout : le résultat sera positif. Pour ce dernier point je n’en suis pas sûre mais j’essaie d’y croire.

9572963

Publicités

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles

9782714454157

C’est un livre que je viens de terminer et que ma mère m’avait passé. Je ferai un article en bonne et due forme pour la liseuse hyperfertile mais je voulais aussi en parler sur mon blog.

Il s’agit d’un roman épistolaire dans la même veine que « Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » si vous connaissez. Il a été écrit par 2 écrivaines qui ne se sont jamais rencontrées. C’est un livre très bien écrit qui se lit facilement et qui m’a beaucoup plu parce que je me suis bien retrouvée dedans : je vais vous expliquer pourquoi.

C’est l’histoire de 2 femmes américaines dans 2 Etats différents dont les maris et fils sont partis au front pendant la seconde guerre mondiale et qui se retrouvent correspondantes. Au début du livre, elles ne connaissent l’une de l’autre que leur pseudo.

Elles vont donc commencer à s’écrire, en partageant tout d’abord leur quotidien, puis petit à petit leurs doutes, leurs bonheurs, leur intimité. Au fur et à mesure du livre, elles se découvrent, deviennent de plus en plus intimes et même amies sans jamais s’être rencontrées. Elles s’envoient régulièrement des recettes et des colis, se précipitent vers le facteur pour lire les dernières nouvelles de l’autre… Simplement unies par le vécu d’une même épreuve : leurs hommes à la guerre.

En résumé : 2 femmes qui ne se connaissent pas et qui ne se sont jamais vues, qui se soutiennent mutuellement, qui deviennent amies et qui partagent leur intimité et leur quotidien, à cause ou grâce à une épreuve de la vie.

Ça ne vous rappelle pas quelque chose?

Lâcher-prise

index

Je sais que c’est mon gros problème.

Quand j’ai une idée en tête, un problème à résoudre, je tourne en boucle dessus jusqu’à ce que ce soit résolu. Pas facile pour moi d’accéder à ce lâcher-prise dont tout le monde parle tellement et qui semble miraculeux pour obtenir une grossesse.

J’ai essayé l’hypnose, vu la psychologue, je me suis mise au yoga, j’ai fait des projets, acheté une maison, je suis partie en vacance… Rien n’y fait je cogite toujours autant à l’approche de l’ovulation et des derniers DPO.

Paradoxalement, j’ai l’impression que ce cycle de pause est celui où j’ai presque réussi à lâcher-prise. J’ai pas calculé l’ovulation, je me suis d’ores et déjà tournée vers le prochain cycle d’IAC. J’ai même dû regarder ce matin sur mon application à fleurs quand était prévu J1 pour aller acheter mes médicaments.

Je suis plus zen, comme si le fait d’avoir remis notre problème aux mains de la PMA avait permis de me détacher de la responsabilité des cycles d’échecs. En plus je sais maintenant comment se passe un cycle d’IAC et je n’ai pas le stress de l’IAC 1.

Alors je ne pense pas que c’est pas pour autant que ce cycle marchera mais au moins ça a permis de reposer mon cerveau du stress permanent.

Combien de temps durera l’éclaircie?

images

Gérer l’échec

téléchargement (6)

Deux choses m’ont amenée à réfléchir et écrire sur la question de l’échec :

-Tout d’abord un article sur un blog (je ne sais plus lequel, désolée)  il y a quelques temps où l’auteur partageait la lettre qu’elle avait envoyée à son gyneco. Dans cette lettre, elle y parlait de l’attitude de ce médecin qui l’avait blessée et évoquait la possibilité que cette réaction puisse être expliquée par le malaise du médecin face à l’échec. J’ai alors réfléchi à mes réactions de médecin face à l’échec.

– Ensuite, bien entendu mon premier échec en PMA, l’échec de l’IAC1.

Dans ma vie, j’ai eu la chance de ne pas connaitre beaucoup d’échecs. J’ai réussi mes concours du premier coup, obtenu le poste que je voulais, connu aucun échec amoureux…

En fait mon premier échec personnel c’est bien cette incapacité à donner la vie. Et contrairement aux concours où le travail permet d’augmenter les chances de succès, il n’ y a malheureusement rien que je puisse faire pour changer la donne.

En revanche, dans ma vie professionnelle, j’ai eu à gérer de nombreux échecs.

Echecs de diagnostic : désolée, je ne sais pas ce que vous avez, je ne peux pas expliquer vos symptomes.

Echecs de la science : c’est idiopathique, inexpliqué, on ne connait pas la cause

Echecs des traitements : vous ne réagissez pas correctement au traitement.

Echecs dans la relation médecin malade : le plus dur pour moi. Quand je ne réussis pas à convaincre un patient à suivre un traitement indispensable, quand un patient m’énerve et que je deviens moins empathique.

Mon attitude face à ces échecs est très variable. Bien sûr, je suis triste quand un patient ne répond pas aux traitements et que son pronostic vital est mis en jeu. Mais si je sais que je lui ai donné le meilleur traitement, j’accepte plus facilement d’être impuissante, que la maladie a été plus forte.

Je suis beaucoup plus mal à l’aise et stressée quand je suis en échec diagnostique, quand je ne comprend pas ce dont souffre mon patient et comment l’aider, quand je n’arrive pas à établir une relation de confiance médecin-malade. Dans ces cas là, il m’arrive de mal réagir en étant sur la défensive, de choisir de dire que c’est probablement psy même si je n’en suis pas sûre. D’autre fois, je prends du recul, j’avoue mon impuissance et j’essaie d’orienter le patient vers un confrère pour un autre avis, de proposer des prises en charges alternatives (osteopathie, acupuncture). J’essaie de tout faire pour que mon patient ne se sente pas abandonné mais parfois il est plus facile de dire : je ne peux rien pour vous.

Pour ma première IAC, j’ai assez bien vécu l’échec. Peut-être parce que je sais que j’ai tout donné, qu’on ne pouvait pas faire mieux…comme avec mes patients qui ont reçu le bon traitement pourtant inefficace.

En revanche, je vis toujours mal l’absence de diagnostic dans notre cas : pourquoi ça ne marche pas alors que tout est normal, pourquoi ces fausses couches inexpliquées? Et si ça venait vraiment d’un blocage psy, comme tout le monde semble le suggérer.

J’ai parfois peur qu’on ne trouve aucune raison à ces échecs, qu’on ne puisse donc rien faire pour y remédier. Peur qu’on me dise que la PMA a échoué sans qu’on sache pourquoi.

La seule chose dont je suis sûre c’est que je ne m’avouerai pas vaincue tant que je n’aurai pas joué toutes les parties. Je sais aussi que ce parcours aussi dur soit-il m’aide à mieux me connaitre et à mieux comprendre mes réactions face au stress et face à l’échec. Peut-être que je vais devenir un meilleur médecin grâce à ça.

Qui sera le meilleur PMAtissier?

Hier soir c’était soirée régressive spécial J1 : plateau télé devant un Replay d’émission en laissant les neurones au repos.

Donc en mangeant ma pizza devant une autre émission hautement culturelle et gourmande de M6, je me suis dit qu’il y a des concours des meilleurs couturiers, pâtissiers, cuisiniers, boulangers….. Mais pas de meilleur centre de PMA.

Pourtant nous sommes tous à la recherche du meilleur centre pour régler notre problème. Bien-sûr certains n’ont pas le choix si un seul centre existe près de chez eux mais d’autres feront des centaines de kilomètres pour aller voir un centre réputé meilleur.

Je vous propose donc un concours télévisuel qui mettrait en compétition plusieurs centres.  » Qui sera le meilleur PMAtissier? »

téléchargement (5)

Première épreuve, Revisiter un grand classique : la FIV

Ingrédients imposés : un couple infertile pour raison d’OPK, sperme normal, 6 IAC foirées.
Attention aux pièges du Dr Cyrilignac : risque d’hyperstimulation, de grossesse multiple
Soyez très précis dans le dosage de la stim et la technique de ponction sera particulièrement observée.                                                                                                                                                      Le transfert d’embryon peut être faite à chaud ou après les avoir réfrigérés au congélateur.            N’oubliez pas la partie psychologique d’accompagnement du couple qui semble superflu mais c’est comme la présentation d’un plat : il ne faut jamais la négliger bien que le plus important reste le goût/le résultat.

Vous avez 4 essais en 2 ans.

Deuxième épreuve, la remise au goût du jour : le test de Huhner

Ce test si délicieux est de moins en moins réalisé. Quel dommage !                                                       A vous de redonner ses lettres de noblesse à cet oublié de la PMA.                                                         GygyMercotte vous rappellera que le timing est l’élément indispensable pour la réussite de ce test.

L’ingrédient imposé : un couple en essai depuis 1 an, qui n’ a pas encore réalisé d’examen mais dont la femme fait des courbes de température depuis 3 mois.                                                             L’analyse de la courbe de température est la première étape de cette épreuve et comptera dans le jugement final. A vous de mettre votre touche personnelle dans la façon de convaincre les couples pour la réalisation de ce Huhner.

Vous avez un essai sur un cycle.

Troisième épreuve, l’épreuve de créativité : l’infertilité inexpliquée

Voici maintenant l’épreuve reine, qui compte double dans le verdict final.                                           Le défi est à la hauteur de l’événement et seuls les meilleurs réussiront cette ultime épreuve.

Ingrédients imposés : un couple en essai depuis 2 ans, bilan complet d’infertilité négatif, la femme pleure à chaque J1, le conjoint ne sait plus comment la consoler.                                                          A vous de proposer une prise en charge adaptée, tous les coups sont permis : stimulation, IAC, FIV, envoi à l’étranger, adoption …. Soyez innovants mais respectez les consignes de l’HAS et gare à la sécu qui peut vous limiter dans certains choix.                                                                                   Comme toujours, soignez la prise en charge globale : technique et psychologie sont indissociables.

Vous avez 4 ans.

 

Tout au long de l’émission le public pourra voter en attribuant 1 à 5 cigognes à chaque candidat.

 

Automne…

IAC1 – DPO 13

Ce matin à 5h45, Gros Touffu notre chat, saute sur le lit en miaulant et me réveille. Les douleurs du bas ventre sont là comme tous les matins depuis 3 jours. On devine les éclairs et le vent à travers les rideaux de la chambre.

Je me lève, je fais pipi sur le bâton et sert les croquettes du chat en attendant le verdict. Le test reste désespérément négatif.

Je me recouche, il commence à pleuvoir dehors. Il pleut dans ma tête, il pleut dans mon cœur.

49cca92a860e9eea47aa6984266354b7_large