Vêlage au naturel

Comme je vous en avais fait part ici, je souhaitais essayer d’accoucher sans péridurale dans la salle nature du CHU. Je m’étais préparée en conséquence et mon argument principal pour ce choix était de respecter la physiologie ce qui est censé améliorer les suites de couches.

Alors j’ai réussi à avoir l’accouchement que je souhaitais mais pour le côté physiologique des suites de couche, vous pourrez repasser.

Chose promise, chose due, je vous raconte mon accouchement.

Le lundi 14/09, je suis donc en dépassement de terme à 41SA+4. Ma soeur vient de débarquer avec sa famille (ils pensaient venir voir la cadeaute avant de prendre l’avion pour le vacances), mes parents doivent repartir dans 3 jours et je suis désespérée d’accoucher.

Ma soeur qui est sage-femme me propose d’imposer ses mains magiques sur mon ventre ! Je ne peux pas regarder « L’amour est dans le pré » ce qui m’embète bien puisque ça fait accoucher selon Miliette.

Vers 22h30 je commence à avoir des douleurs abdominales qui me semblent plutôt digestives mais il y a aussi quelques contractions qui durent 30 secondes et irrégulières.

Ma soeur me dit qu’elle aussi a mal au ventre : je me dit que ce serait bien le moment de faire une intoxication alimentaire en toute fin de grossesse.

23h30 je n’arrive toujours pas à savoir si j’ai des contractions ou des crampes intestinales mais je perds un gros caillot donc nous décidons de partir à la maternité pour savoir si c’est le travail qui commence et être surs qu’il n’y a pas de décollement de placenta. Je stresse à fond à cause de ce saignement.

Sur le trajet, je suis de plus en plus persuadée que je commence le travail. Je suis maintenant sûre que ce sont des contractions qui se rapprochent toutes les 8 à 10 min et ça commence à piquer un peu.

Arrivée à la maternité le 15/09 à minuit 30 : j’explique la situation et comme je ne suis pas pliée en 2 on me demande d’aller faire des étiquettes (on ne perd pas les bonnes habitudes 😉 ). Quand je reviens en salle d’accouchement, les SF me demandent si je souhaite toujours la salle nature, je réponds OUI si tout est OK pour vous. J’ai l’impression de signer ma condamnation !

Me voilà donc installée dans la salle nature pour un monitoring qui confirme que je contracte toutes les 7 minutes (je commence sérieusement à souffler à chaque vague). L’écho réalisée par l’interne ne retrouve pas de décollement de placenta (le caillot serait en fait le bouchon muqueux) et je suis à 2 doigts et demi. Verdict : début de travail, on me propose de me promener.

Il fait 25° dehors, le CHU est calme, les étoiles brillent dans le ciel selon Puminou mais moi je fixe surtout le sol toutes les 5 minutes en m’étirant sur les barrieres, au cou de Puminou. Après 30 minutes de marche et environ 300 m, je vomis sur le gazon du CHU (désolée pour le jardinier) et je sens un léger écoulement de liquide. Nous rentrons donc dans la salle d’accouchement (de toute façon j’ai de plus en plus de mal à marcher).

La poche des eaux est bien fissurée mais reste présente, je suis maintenant à 3 cm : je vais accoucher aujourd’hui !!!

S’ensuit la période de travail avec monitoring intermittent : je passe 30 à 45 minutes dans la baignoire : ça me soulage un peu au début puis je n’arrive plus à trouver une position.

Ensuite ballon avec massage du bas du dos fait par la super SF qui a ensuite montré à Puminou comment prendre le relais.

Je souffle à chaque contraction, parfois en gémissant, en faisant pschhhh (ce qui fait rire puminou) mais je n’ai pas crié… Je change souvent de position : je marche, m’accroupis, me mets à genou, me suspends aux lianes. En fait mes techniques de contrôle de la douleur marchent environ 1 heure et après je suis obligée de changer de position. Les examens réguliers montrent que le travail avance normalement. La poche des eaux se rompt vers 6 cm et l’intensité des douleurs augmente et j’ai de plus en plus de mal à gérer par le souffle sans pousser.

Vers 8h du matin, je n’arrive plus à souffler et je pousse à chaque contraction. Je me dis que si je ne suis pas à dilatation complète, je demande la péridurale. J’appelle la SF qui me dit qu’il n’y a plus de col et qu’on va s’installer. A ce moment là, je sais que j’ai réussi et que je tiendrai jusqu’au bout.

Pourtant je ne suis pas au bout de mes efforts. L’expulsion va durer 1h30, à pousser à quatre pattes puis accroupie suspendue aux lianes puis pour finir demi assise en tenant les cuisses. Bref toutes les positions ou presque y sont passées. Je suis à bout de forces mais la SF me rassure en me disant qu’on va y arriver que ça avance. Puminou me tient la tête.

9h38  : Je sens alors la tête qui sort puis les épaules puis j’attrape ma fille qui pleure de toutes ses forces. J’ai vraiment tout senti de la douleur au soulagement.

Nous avons ensuite fait du peau à peau pendant 2 heures, une première tétée. Je suis super fière de moi. Ma fille est la plus belle…

Le placenta met un peu de temps à sortir et je saigne mais finalement tout rentre dans l’ordre.

L’équipe médicale a vraiment été au top, en m’encourageant et me soutenant à fond.

Jusque là c’est l’accouchement rêvé.

Puis vient le moment de se lever, la tête me tourne et je perds connaissance. Je me réveille avec 10 personnes autour de moi, Puminou en pleurs avec la Petite Cadeaute dans se bras, moi j’ai juste l’impression de m’être endormie. Ma tension est basse. On me remplit par perfusion et on me fait manger mais je refais un deuxième malaise. Je suis complètement déshydratée. J’ai le droit à un examen cardiaque et neurologique, le gyneco verifie que le placenta est complètement parti par une écho.

C’est finalement 8 h après l’accouchement que je monte dans ma chambre et que je peux enfin me lever sans tourner de l’oeil.

Le bilan du lendemain montrera que je suis fortement anémiée et on me perfusera du fer.

L’autre problème de mes suites de couche a été l’allaitement. Après des premières tétées sans trop de problème, la cadeaute a commencé à s’énerver au sein et à le repousser. Elle en a même fait de la fièvre son 2ème jour. La pédiatre me dit qu’elle la trouve déshydratée et que le colostrum ne lui suffit pas. Du coup on commence des compléments, ce qui permettra de faire baisser sa fièvre. Mais ensuite c’est le cercle vicieux, elle perd du poids dès qu’on arrête les compléments et tête moins bien. Moi j’avais le moral dans les chaussettes de rester hospitalisée et de voir la petite se jeter sur les compléments en rejetant mon sein.

Nous sommes finalement sortis à J6 et à la maison tout va mieux, je lui donne le sein sans prise de tête, je tire mon lait et on donne quelques compléments quand elle s’énerve trop. La SF vient de passer et la prise de poids est bonne. Je vais contacter une conseillère en lactation pour la suite.

Pour résumer, mon projet d’accoucher sans péridurale était essentiellement motivé par la perspective de suites de couches réputées plus faciles et ça n’a clairement pas été le cas. Je n’en garde pas un souvenir intolérable parce que je pense que j’ai été bien préparée et que le travail a avancé normalement. Je  peux maintenant me la pêter et tout le monde m’admire pour cet accouchement (ça fait du bien à l’ego). Puminou me dit que j’ai été très très forte et ça me fait du bien de l’entendre. Je me dis qu’au moins j’ai évité les complications de péridurale vu que j’ai cumulé les autres complications.

Pour le prochain accouchement, je serai dans le même état d’esprit : tenter sans mais ne pas l’exclure complètement.

A celles qui sont tentées par cette expérience, je n’ai qu’une chose à dire : une bonne preparation à l’accouchement avec un papa investi et une équipe qui vous soutient sont indispensables.

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Petite Cadeaute est née!

Juste un petit post pour les blogocops qui ne tweetent pas.

Apres 4 jours de rab dans le ventre de maman, la petite cadeaute a été déballée le 15/09 sans péridurale selon notre projet de naissance. Les suites sont un peu compliquées à base de perte de poids pour la petite, allaitement difficile et anémie pour Margouilla.

Nous sommes toujours à la maternité avec un moral un peu bas par moments mais la grande joie de tenir notre princesse dans nos bras.

A mon retour à la maison je vous raconterai le vêlage au naturel!

C’était pour hier… {attention plainte de PB inside}

Mon terme était hier et donc je suis officiellement en dépassement de terme.

Dans ce post, je vais me plaindre bien que j’aie toujours conscience de ma chance d’être enceinte et que je sais combien ces problèmes de PB ne sont rien comparés à ce que vous vivez mes copines toujours en attente de monter dans le train. Alors s’il vous plait, ne me jugez pas mais j’ai besoin de verbaliser…

Dans ma tête de psychopathe du contrôle je voulais accouché il y a 10-15 jours pour profiter un max de la petite cadeaute avant ma reprise du boulot qui est difficilement décalable.(Oui je pense déjà à la reprise.)

Alors depuis 1 semaine j’oscille entre les moments de désespoir avec crise de larmes suivie de culpabilité et les moments de résignation en me disant que je n’y peut rien et qu’elle finira bien par sortir.

Hier j’ai eu le premier bilan de post terme : tout va bien pour la petite et c’est tant mieux . Je ne vous cache pas que mes angoisses d’un sale coup de DNLP refont surface depuis quelques jours. (si le placenta arrêtait de fonctionner ????)

Niveau col ça travaille mais je n’ai que quelques contractions le soir qui se calment dès que je m’endors. Tous les matins je me réveille vers 4-5 heures désespérée de voir que rien ne bouge.

J’ai même eu droit à un décollement de membrane hier qui m’a fait bien contracter hier soir et ce matin, toujours rien : plus de contraction.

Inutile de vous préciser que je marche tous les jours et même des randonnées avec dénivelé, que j’ai fait le ménage à de nombreuses reprises. Je suis gavée d’homéopathie et de tisanes à la feuille de framboisier.

Je reçois 10 messages par jour pour savoir si j’ai pondu ce qui me ramène inexorablement en tête que non. On me dit que c’est la petite qui doit se décider, qu’elle se fait belle; mais moi je ne vois rien d’autre que cette incertitude, cette inquiétude qui ne prend pas fin.

Le temps est à l’orage dans la région avec alerte orange pour le weekend donc on va rester cloitré à observer mon ventre jusqu’à demain matin où on doit retourner à l’hopital pour un nouveau point.

Puminou ne comprend pas que je pleure le matin, il me répète que ça va arriver, qu’il faut patienter, que ce n’est rien par rapport aux 3 ans d’attente du +. Bien sûr j’en ai conscience mais il n’empêche que chaque matin je passe par cette phase de désespoir de ne jamais rencontrer ma fille.

Dans mon hopital, le déclenchement n’a lieu qu’à 41 SA+6 si tout va bien ce qui nous amène au 17/09. Mes parents sont descendus dans la région exprès pour la naissance et repartent le 17/9. J’ai peur qu’ils doivent repartir avant que la naissance n’ait eu lieu. Je ne sais pas comment je vais tenir jusque là. Sans compter que mon projet de naissance naturelle me semble deplus en plus compromis.

Alors  bien entendu le plus important c’est que la petite naisse en bonne santé quelque soit la manière mais n’empêche que j’aurai l’impression que décidément rien n’aura été naturel depuis la conception jusqu’à l’accouchement s’il y a déclenchement.

Je vous jette en vrac toutes mes réflexions et cogitation de PB désespérée et je m’en excuse. Parce qu’en vrai, je n’ai pas de douleur particulière, je kiffe toujours autant les mouvements de ma petite cadeaute. Mais bon, il est temps de passer à l’étape suivante.

Comment s’énerver un dimanche matin !

Ce matin, je zappe sur la télé en bouquinant en même temps (fin de grossesse echouée sur le canapé…). Sur france 2, j’entends PMA et du coup je m’arrête. C’est l’émission « Orthodoxie » donc émission religieuse du dimanche matin. 2 prêtres s’entretiennent dans une mascarde choquante.

L’intervieweur fait semblant de découvrir qu’il existe des bébés éprouvettes ???? (il sort d’une grotte d’ermite ??)

L’invité est un pretre orthodoxe Jean Boboc qui apparemment est docteur en médecine et qui a écrit un livre sur la théologie de la conception. Je me doute que ce que je vais entendre n’est pas en faveur de la PMA… Mais cette interview est pire que tout. Comment ce médecin peut se permettre de raconter de telles inepties :

la GPA est autorisée en France selon lui : je pense que vous êtes ravies de l’apprendre comme moi

il mélange IVG, IMG, recherche sur l’embryon : c’est tout pareil !!

on peut choisir un embryon parfait grâce à la FIV : c’est vrai que nos embryons synthétiques sont garantis satisfait ou remboursé

pourquoi avoir recours à le PMA ? selon lui pour avoir de l’emprise sur la nature et sur l’humain … Nous sommes démoniaques nous autres couples infertiles.

Alors bien sûr on sait que les Eglises ne sont pas très ouvertes à ces techniques, c’est pas nouveau… Je suis moi-meme croyante peu pratiquante mais catholique. Certains arguments sur les embryons surnuméraires, l’IVG peuvent s’entendre au nom du respect de la vie… (bien que je ne partage pas les réactions très tranchées qu’on entend en général). Penser qu’il faut encadrer certaines pratiques comme la GPA ne me choquent pas.

Mais ce matin, je me suis vraiment énervée devant tant d’inepties proférées dignes des pires propagandes. Un médecin qui donc comprend de quoi il parle et qui raconte n’importe quoi. Mélangeant les thématiques, à grand renfort d’exemples choquants. Pas une fois il n’a parlé des couples infertiles, du désir d’enfant. Ce qui ressortait c’est que ces techniques ne sont que des dérives de la science du genre Frankenstein. Et ce pretre journaliste qui en rajoutait en faisant semblant de découvrir ces pratiques « démoniaques »… Une vraie mascarade, on aurait pu croire à une parodie tellement cette émission était caricaturale!

Messieurs les prêtres n’avez vous pas dans votre communauté des couples en mal d’enfant qui ont eu recours à la PMA? Quel message leur transmettez vous sur l’amour de Dieu en condamnant leur parcours et leurs enfants issus de ces « pratiques démoniaques ».

Désolée pour cet article décousu et coup de gueule mais je suis bien énervée et je vous livre ça sur le vif.